Le budget de Longueuil critiqué sévèrement par le chef de l’opposition
par Saïd Mahrady, Le Journal de St-Hubert
«Il n’y a rien de positif!», a tonné Michel Latendresse, chef de l’opposition, en réaction au budget de la ville de Longueuil qui a été adopté à la majorité, le mardi 18 décembre.
En entrevue, M. Latendresse dénonce ce qu’il qualifie de «mauvaise gestion» et de «pelletage par en avant». «Le budget 2008 de la Ville de Longueuil manque de manière flagrante de transparence. C’est encore une opération de poussière sous le tapis. Les modifications aux méthodes comptables et les changements de mode de présentation rendent impossible toute comparaison budgétaire d’une année à l’autre», écrit le chef de l’opposition dans un communiqué.
Il a tenu à dire que la rencontre d’une heure avec le directeur général et le refus d’avoir tous les documents ne lui permettent pas d’avoir toutes les données du budget. D’autant plus, a-t-il poursuivi, qu’il lui a fallu «attendre dix mois» pour avoir les documents de l’exercice financier de 2007. «Et encore là, il manque des pages», a affirmé M. Latendresse.
«Le budget prévoit une hausse de 2,2 % du compte de taxe résidentiel pour 2008 et de 4,8 % pour le secteur non-résidentiel. Cette hausse s’ajoute aux hausses respectives de 2,2% pour 2006 et 9,3% pour 2007. Au total, c’est une augmentation de 13,6% en 3 ans», note le chef de l’opposition.
M. Latendresse avance, d’autre part, que l’administration Gladu-Goyette a fait un emprunt supplémentaire de 3,8M$, de manière, dit-il, à éviter une augmentation de taxes prévue de l’ordre de 3,5%. «C’est un pelletage par en avant typique de l’administration Gladu-Goyette», a ajouté Michel Latendresse.
M. Latendresse qui était le seul à voter contre le budget (Suzanne Charbonneau et Lorraine Guay-Boivin étaient absentes), dénonce aussi la réduction de la contribution pour la revitalisation commerciale. «Ils ont justifié les compressions par le fait que la participation n’est pas forte, alors que les commerçants en ont besoin», a-t-il soutenu.
«La dotation des arrondissements diminue d’année en année au profit d’une centralisation excessive dans la ville centrale. Il n’y a pratiquement plus de services dans les arrondissements, plus de décisions importantes prises localement. Les budgets des arrondissements sont pratiquement réduits aux simples salaires des employés des loisirs, de la culture et des matières résiduelles. Les dotations ont fondu comme neige au soleil. On n’a pas voté pour ça monsieur Gladu!», peut-on lire dans le communiqué.
Revenant sur «l’absence de transparence», M. Latendresse cite «les intérêts des emprunts pour la réorganisation totalisant 2, 5 millions de dollars sur 10 ans et n’apparaissant pas sur le service de la dette actuellement». Il affirme que «d’autres emprunts sont à prévoir en cours de l’année comme ce fut le cas en 2007 et qu’ils n’apparaissent pas dans le budget».
Quant au budget de l’agglomération, M. Latendresse juge que les modifications qui ont suivi la défusion «ouvrent la porte aux tarifications multiples selon la règle de l’utilisateur-payeur». «Nous nous retrouvons désormais avec le budget de la ville, les quotes-parts aux villes liées, une augmentation des diverses tarifications et des emprunts à long terme. Il est devenu impossible de repérer clairement les hausses de coûts pour les citoyens. Pas étonnant que, comme nous, les villes liées aient voté contre ce budget. Tout est de moins en moins transparent à la Ville comme à l’agglomération», fait-il savoir.
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