Des soupçons de conflit d'intérêts pèsent contre le maire Gladu
Le Procureur général du Québec évalue la possibilité d'intenter des poursuites contre le maire de Longueuil, Claude Gladu. Selon une plainte déposée au ministère des Affaires municipales et des Régions (MAMR), M. Gladu se serait placé en situation de conflit d'intérêts alors qu'il était président de l'arrondissement du Vieux-Longueuil et vice-président du comité exécutif de la Ville entre 2003 et 2005.
Le MAMR a jugé la plainte assez sérieuse pour soumettre le dossier au Procureur général du Québec, qui devra décider si des poursuites pénales seront intentées contre le maire. L'attaché de presse du maire Gladu, Jean Rossignol, a confirmé que la plainte avait été déposée en février 2006 par l'actuel chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Michel Latendresse. On y allègue que l'entreprise Broderie Rive-Sud, alors propriété de M. Gladu, aurait vendu des articles de sport à la Ville de Longueuil à cinq reprises alors qu'il était membre du conseil municipal de la ville fusionnée de Longueuil et vice-président du comité exécutif.
Or l'article 304 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités stipule qu'un élu est inhabile à siéger s'il «a un intérêt direct ou indirect dans un contrat avec la municipalité ou l'organisme». Si le Procureur général devait déposer des poursuites et si M. Gladu était reconnu coupable, le maire ne pourrait plus occuper ses fonctions à la Ville de Longueuil.
Claude Gladu, actuellement en vacances à l'extérieur du pays, a l'intention de commenter les allégations à son retour de voyage, dans dix jours, a indiqué M. Rossignol.
C'est le journal Point Sud qui a révélé cette affaire le 13 février après avoir pris connaissance d'une lettre datée du 7 février et transmise aux membres du conseil municipal. Le sous-ministre du MAMR, Jean-Pierre Beaulieu, y fait savoir qu'à la suite de «représentations adressées au ministère des Affaires municipales et des Régions concernant un présumé conflit d'intérêts de la part du maire, [...] le dossier a été transmis au Procureur général du Québec pour considération».
Au MAMR, on refuse de commenter les allégations contre M. Gladu, mais la responsable des communications, Marie-Josée Dionne, a rappelé que le dossier étant maintenant entre les mains du Procureur général, ce sera à lui de décider des suites à donner à la plainte. «Bon an, mal an, on reçoit entre 275 et 300 plaintes. Il faut avoir des motifs sérieux pour référer un dossier au Procureur général», a-t-elle dit.
Ancien maire de Longueuil de 1994 à 2001, Claude Gladu s'était joint à l'équipe dirigée par Jacques Olivier, candidat à la mairie de la nouvelle ville fusionnée en 2002. Alors que M. Olivier dirigeait la Ville, Claude Gladu, alors président de l'arrondissement du Vieux-Longueuil et vice-président du comité exécutif, avait fait faux bond à son chef lors d'un putsch qui avait fait beaucoup de bruit, menant Jacques Olivier à se retirer de la vie politique. Lors du scrutin de novembre 2005, M. Gladu avait remporté la mairie et fait élire 19 conseillers. Pour sa part, Ralliement Longueuil avait décroché sept sièges. Longueuil est la quatrième ville en importance au Québec.
Source : Jeanne Corriveau, Le Devoir, 14.02.2008
Pages reliées :
Un présumé conflit d’intérêts concerne le maire de Longueuil, Le Magazine, 28.02.2008
Gladu reste maire, Le Devoir, 26.02.2008
La justice informée d'allégations de favoritisme à Longueuil, La Presse, 25.02.2008
La plainte contre Claude Gladu : pourquoi avoir pris deux ans?, pointsud.ca, 24.02.2008
Commentaires